Allez-vous saisir votre deuxième chance ? - àMoiLePublic !

Votre deuxième chance est déjà passée ! Allez-vous saisir celle qui se présente ?

Il arrive dans la vie que nous nous retrouvions dans une voie sans issue. C’est alors qu’une deuxième chance peut arriver de façon providentielle. Est-ce que vous y croyez, vous ? Cela peut arriver dans tous les domaines de la vie : le travail, la famille, les relations. Aujourd’hui, je vais vous parler d’un passage de ma vie qui a été assez douloureux et qui, en même temps, m’a permis de grandir.

Avez-vous sais votre deuxième chance ?

A l’époque, je passais le plus clair de mon temps au théâtre. J’étais convaincu que c’était le plus important dans ma vie. J’avais eu la chance d’intégrer une troupe et j’étais heureux. Nous entamions la reprise d’un spectacle et j’ai été remplacé sans préavis. Je n’avais pas été viré de la troupe, on avait simplement donné mon rôle à un autre comédien qui semblait mieux convenir pour le rôle.

De mon point de vue, cela ne changeait rien : j’ai vécu cela comme un échec. Ma confiance en moi en a pris un sacré coup.

Je suis parti blessé en me disant que c’était injuste et que je ne fréquenterai plus jamais des gens pareils. J’ai repris mes ateliers théâtre et ma passion pour la musique mais je sentais bien que quelque chose n’allait pas ou me manquait. J’étais moins généreux et moins inspiré dans ma façon de transmettre ma passion du théâtre.

Un jour mon téléphone a sonné. J’étais à mille lieux d’imaginer que cela pouvait être le chef de troupe que j’avais quitté. La troupe me rappelait pour reprendre mon rôle. Mon égo était flatté. Je vous mentirai si je vous disais que j’ai beaucoup réfléchi avant de m’embarquer à nouveau dans l’aventure. Je savais que ça me manquait et que ça alimenterait à nouveau ma pratique artistique. Je me suis toutefois méfié du chef de troupe mais, ne pas luis donner une deuxième chance équivalait à ne pas me la laisser à moi-même.

Un homme mérite une seconde chance, mais gardez un œil sur lui.

John Wayne

L’association de la seconde chance

Nous avions tous deux besoin l’un de l’autre. J’ai donc réintégré la troupe et repris du service mais ce n’est pas pour autant que j’appréciais le chef de troupe en tant que leader. Il manquait de courage, médisait sur le dos des autres et intriguait sans remords mais sa naïveté et la gentillesse dont il pouvait faire preuve quand il ne se sentait pas en danger me touchait.

Je gravis néanmoins les échelons pour me voir attribuer une place au cœur de la troupe mais, nous vivions en vase clos et il était difficile pour moi de me projeter dans mon avenir au théâtre.

Je fis néanmoins de belles rencontres et parmi celles-ci, la femme de ma vie qui m’a donné un enfant. Un jour, il a été question pour le boss de s’en débarrasser. Elle n’avait pas l’esprit de troupe selon ses dires. En fait, elle le gênait pour des raisons que je n’aborderai pas ici. Une fois de plus, il intriguait et me laissait entendre des choses pour savoir ce que je ferais si jamais il la virait. Quand il l’a mis à la porte pour de faux prétextes, je suis parti aussi. Plutôt que de poser le problème, il avait pris sa décision et j’ai pris la mienne.

Je me suis longtemps dit que j’avais fait une bêtise mais je suis resté intègre en refusant les intrigues et la manipulation. Je lui avais offert une seconde chance. Plutôt que de parler ensemble pour trouver des solutions à un problème qu’il se gardait bien de partager, il avait préféré bricoler à sa sauce personnelle et non pas comme chef de troupe.

Comment dans un théâtre engagé, est-il possible de se servir d’abord soi-même sans être à côté de ses pompes ? Oui, je sais. Je ne suis pas naïf, c’est finalement assez fréquent. Il y a beaucoup de “chefs” à côté de leurs pompes mais, revenons à notre histoire.

En m’enfermant dans un système de troupe, j’ai accepté un fardeau : mon metteur en scène, qui sentait la possibilité de mon départ me dit un jour : “les acteurs qui sont partis d’ici, ne sont jamais remonté sur scène”. Ces mots m’ont suivi comme une malédiction pendant plusieurs années.

Cette troupe avait des fonctionnements malsains qu’à l’époque j’étais incapable d’expliquer mais je savais que ça n’allait pas. Je n’en parle pas avec le point de vue des relations individuelles, mais plutôt d’un point de vue systémique : c’était le fonctionnement de la troupe entière qui n’allait pas. On peut retrouver ce type de fonctionnement dans tout type de groupe : entreprise, association, groupe d’amis, famille… Il n’est donc pas si facile que ça de ne pas s’enfermer : il ne faut pas forcément chercher à fuir tous les groupes.

J’ai quand même mis plusieurs années à me reconstruire ma propre identité d’artiste. Même si je conçois cet art plutôt comme de l’artisanat mais c’est un autre sujet. Le fait est que j’avais décidé de raccrocher après plusieurs tentatives infructueuses. Je lui ai donc donné raison.

Quand la deuxième chance a été grillée…

Il m’a fallu qu’un ami insiste lourdement pour que j’accepte de remonter sur scène. Au bout de quelques mois, j’ai cédé. C’était ma troisième chance.

Troisième, comment ça ? Eh oui, c’est bien arrivé. Une troisième chance pour réaliser mon rêve de faire du théâtre et remonter sur scène devant un public qui payait pour venir me voir jouer.

Mère Teresa, voyait la vie comme une chance à part entière. Chaque jour de notre vie est une chance à vivre pleinement. À nous de décider ce que nous voulons en faire (un pas après l’autre).

La vie est une chance, saisis-là.

Mère Téresa

Malgré ma timidité, mon caractère introverti et la “malédiction” de mon metteur en scène que j’aimais et que je respecte toujours, je l’ai fait.

Je me souviens encore de l’excitation et les soubresauts d’émotion avant de monter sur scène. Jamais je n’ai connu une telle joie en travaillant.

L’auteur de Les aventures de Tom Sawyer, a dit un jour :

Donnez à chaque jour la chance de devenir le plus beau jour de votre vie.

Mark Twain

En écrivant ces mots, je ne peux que me rendre à l’évidence, il n’y a pas de deuxième chance, chaque jour est une nouvelle chance d’avancer et de réaliser ses projets malgré les obstacles.

C’est l’article des citations, je résume donc ma pensée en une seule phrase : “Tout le monde a une deuxième chance et peut la concrétiser du moment qu’il tire les leçons de ses expériences passées”.