Trouvez l'équilibre pro et perso #1 - àMoiLePublic !

Pourquoi ne méritez-vous pas le sort des martyrs au travail ? Trouver un équilibre pro et perso

Souhaitez-vous être reconnu comme martyr ou préféreriez-vous voir la fin de votre supplice ? Trouver un équilibre pro et perso est loin d’être une évidence mais souvent, les travailleurs acharnés ont leur part de responsabilité dans ce déséquilibre.

Loin de moi l’idée de vous provoquer, vous êtes nombreux à adopter le comportement des moines au travail. Ces derniers ont donné leur vie sur terre en échange d’une vie spirituelle riche et intense. A la différence de la majorité des “victimes” du travail, les hommes et les femmes de foi savaient ce qui les attendait !

Il se trouve que vous n’êtes pas seul. Moi aussi, j’ai “porté l’habit de moine” et donné sans compter pour l’un de mes employeurs durant près de dix-huit mois. J’ai une certaine admiration pour ceux et celles qui se donnent à fond dans une cause sans attendre de retour. Ce n’était cependant pas mon cas à cette occasion. Je voulais simplement bien faire mon travail et recevoir une juste rétribution en retour.

Si vous vous sentez empêtré dans les relations avec votre employeur et que vous n’aspirez pas à être un martyr, ce qui suit pourrait vous servir à envisager un avenir meilleur et à améliorer votre qualité de vie au travail.

Mais au fait, qu’est-ce qu’un martyr ? Quand j’y songe, deux images me viennent à l’esprit : celle de la victime et celle du héros.

Selon le Robert les martyrs ont souffert ou sont morts pour une cause. Ils ont refusé d’abjurer leur foi ou religion. Et vous, de quel côté penchez-vous plutôt, héros ou victime ? Vous vous doutez qu’il est difficile de répondre à cette question.

La promesse de l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle

Si je travaille bien, je serai récompensé

En 2010, j’ai l’occasion de rejoindre une entreprise de taille familiale. De plus toute ma famille est à moins d’une demi-heure. Quand on fait partie d’une grande fratrie qui entretien de bonnes relations, c’est une vraie chance. J’ai le sentiment qu’un rêve est en train de se réaliser. La femme de ma vie est heureuse et ma mère est aux anges.

A mon arrivée, je suis accueilli comme le messie. C’est agréable et ça donne envie de travailler. Je me donne à fond car j’ai envie de correspondre à l’image qu’on me renvoie. Je veux contribuer activement en devenant un acteur incontournable de la croissance de cette entreprise.

En quelques semaines, je me fais aux méthodes de travail de l’entreprise et gagne la confiance de mes collaborateurs. Je suis reconnu pour mes compétences et le travail accompli. Je suis heureux d’avoir intégré cette petite entreprise.

Le patron est satisfait

Un mois plus tard, le patron me délègue davantage de responsabilités. Il parle de moi à tout le monde et me demande de le suivre un peu partout. Il sait me parler et me demande de nouvelles faveurs, des petits services supplémentaires en dehors des heures de travail. Je fluidifie les relations de l’entreprise avec ses clients.

Malgré le fait que je travaille au-delà de mes horaires contractuels, je laisse faire. Ma vie personnelle est impactée.

Je fais plaisir en espérant obtenir ce que je veux plus tard

Le patron se confie à moi, me parle de ses difficultés et des projets pour lesquels il compte sur moi. Il continue de m’amadouer

Le temps passe. Nous développons une relation qui semble privilégiée et qui pourrait en rendre jaloux certains. Difficile dans cette situation de dire non aux extras qui arrivent généralement à la dernière minute mais toujours de façon à me sentir reconnu.

équilibre professionnel et personnel

L’équilibre pro et perso arrivera plus tard…

Redoubler de patience pour retrouver une vie

De fil en aiguille, je finis de plus en plus tard et mes week-end sont sévèrement entamés. Je ne me suis cependant jamais senti aussi reconnu et ma compagne me soutient encore. Je décide donc de faire preuve d’abnégation. Je redouble de patience.

Où est passée ma promesse d’une meilleure vie au travail ?

Deux mois sont passés. On me convoque enfin pour signer mon contrat. Le patron me dit que l’entreprise est dans une mauvaise passe. Alors que j’ai un poste à responsabilité et dépasse largement les horaires convenus, le contrat que je signe est décevant.

J’ai le sentiment soudain de me retrouver en enfer.

Comment revenir en arrière alors que je me suis expatrié et que ma compagne ne parle pas la langue locale ? Nous avons tout abandonné pour vivre cette expérience. Ensemble, nous encaissons le coup. L’équilibre professionnel et personnel se transforme en mirage.

Le patron m’a à maintes reprises dit combien il compte sur moi. Il m’a aussi dit que je suis son meilleur recrutement. Il me parait donc naturel d’évoquer la question du salaire. En effet, le volume horaire évoqué lors de mon embauche et la réalité présente un large écart en faveur de l’entreprise.

Je ne sais pas comment faire mais je dois parler avec mon patron pour faire le point sur la situation. Un soir, après le départ du reste des employés, le patron et moi sommes assis côte à côte. C’est le moment idéal.

Mon patron se braque immédiatement. Il semble vexé et met un terme à notre échange. Je comprends alors que je n’aurais pour toute compensation que des compliments.

Dois-je m’estimer heureux ? Nombreux sont ceux qui n’obtiennent même pas d’éloges. Est-ce une raison pour renoncer à mon équilibre vie professionnelle vie personnelle ? Non, clairement.

Pourquoi ?

De mon point de vue, se comparer à ceux qui ont plus ou moins présente un biais. Celui de perdre de vue sa propre réalité. Pour éviter ce biais, je préfère me référer au contrat passé avec l’entreprise, le travail effectif et mes besoins personnels.

Par ailleurs, demander une réévaluation de mon salaire c’est une manière de poser une limite. Cependant, avec le recul, le cadre que je pose avec ma demande d’augmentation arrive un peu tard.

Que faire quand l’évidence saute aux yeux ?

La phase d’épuisement, perte de sens et de motivation

Lorsque mon patron rompt le dialogue et tente de me prendre par les sentiments, il réussit sa manœuvre malgré sa vision court-termiste. Je continue de travailler mais je ne me sens plus reconnu à hauteur de ce que j’apporte à l’entreprise. Je me sens abusé et perds une bonne partie de mon peps au travail.

J’ai comme une envie de prendre ma revanche et je commence à faire ma propre cuisine. Je finis plus tôt, mesure mon énergie dépensée au travail et cherche comment je pourrai obtenir une juste compensation. J’ai carrément envie de défaire ce que j’ai fait. Cette situation me fait déprimer.

Finalement je pars d’une façon pas très glorieuse pour moi car je quitte l’entreprise en mauvais termes. C’est douloureux car cela ne correspond pas à mes valeurs.

Je pars donc épuisé, sans envie de reprendre un autre travail et un fort sentiment d’inachevé. Je me sens comme une victime. Pourtant, une certaine culpabilité me fait penser que le statut de victime n’est pas justifié.

En effet, je n’ai pas écouté certains signes évidents qui auraient pu m’alerter de la présence de problèmes de fond. Le second de la boîte qui m’avait convaincu de les rejoindre est en froid avec le patron. Ils me font signer un contrat avec deux mois de retard et s’économisent deux mois de charges. Le turn-over dans la société est élevé, … autant de signes auxquels je n’ai pas prêté attention et qui auraient dû me faire réagir.

Préserver son équilibre vie pro et vie perso : éviter de se cacher la réalité

Donner une chance à la situation d’évoluer

Qu’aurais-je pu faire pour défendre ma position et mon équilibre pro perso ? Dans la vie réelle, on a rarement la possibilité de rejouer le match. Les deux parties sont souvent trop impliquées émotionnellement pour réussir à se ressaisir et trouver une entente cordiale.

Qu’aurais-je pu faire autrement ?

  • Prendre rendez-vous
  • Résister au discours émotionnels
  • Insister sans presser
  • Préparer mon entretien
  • Créer le bon moment

Dans de telles situations, le salarié se sent isolé, désarmé et a rarement les compétences relationnelles pour négocier et retrouver l’équilibre.

Pourtant, un certain nombre de signaux peuvent nous alerter et nous inviter à sortir du jeu du persécuteur et de la victime. En effet, nous ne sommes pas tous des martyrs et, au travail, le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Les martyrs ont souffert ou sont morts pour une cause. Ils ont refusé d’abjurer leur foi ou religion. Et vous, pourquoi avez-vous renoncé à votre équilibre pro et perso ? Si vous êtes comme moi, il est probable que dans votre entourage d’autres personnes vivent une expérience différente. Pourtant, ils sont dans le même environnement que vous.

Je suis parti, d’autres sont restés. Ces derniers ont vu cette entreprise évoluer positivement. Qu’est-ce qui a permis à ceux qui sont restés de vivre une expérience différente de la mienne ?

  • Ils étaient moins impliqués émotionnellement
  • Ils ont su poser leurs limites à temps
  • Ils n’ont pas hésité à se fâcher avec la direction
  • Ils n’ont pas eu peur du rejet
  • En agissant de la sorte, ils ont économisé leur patience
  • En résumé, ils ont respecté leur équilibre pro et perso

Si vous vous reconnaissez dans cet article et c’est le bon moment pour vous de retrouver l’équilibre vie professionnelle vie personnelle, vous pouvez réserver votre entretien de découverte à travers ce lien sans toutefois avoir à changer d’emploi. Non, je suis convaincu que ce n’est pas une fatalité. Et vous ?

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