Témoignage : une hypersensible pas tout à fait introvertie en entreprise - àMoiLePublic !

Témoignage : une hypersensible pas tout à fait introvertie en entreprise

Me voilà, petite hypersensible, propulsée dans la vraie vie. Issue d’une famille tout aussi sensible (les chiens ne font pas des chats), couvée par des personnes bienveillantes et protectrices, il a bien fallu pourtant un jour sortir de la maison.

Ça a commencé par l’école.

Heureusement pour moi, ça s’est bien passé. J’ai pu choisir de fréquenter les personnes avec lesquelles je m’entendais bien.

Là où ça a commencé à sacrément se gâter, c’est dans le monde de l’entreprise. On ne choisit pas ses collègues ! 

Face à des personnes ambitieuses (pour moi, elles sont surtout “arrivistes”), qui n’hésitent pas à proclamer haut et fort qu’elles “ont du caractère” (pour moi, elles sont malpolies, désagréables, égoïstes et écrasent les autres…), comment se défendre ? 

“Courage, fuyons” a longtemps été ma façon de faire. Oui, mais le problème, c’est qu’à un moment, on doit bien revenir à son bureau (non, on ne peut pas passer sa matinée dans les toilettes, le travail ne va pas avancer tout seul !).

Heureusement, il faut de tout pour faire un monde ! Dans les sociétés, il y a aussi des personnes bienveillantes. Il faut essayer de “faire avec” les autres. Et bonne nouvelle: on peut travailler sur soi et progresser !

Voici les deux grands traits de caractère qui, je pense, ont rendu mes relations face aux “extravertis” un peu complexes et pendant longtemps, m’ont un peu “gâché la vie”…

Comme une hypersensible, j’ai peur de blesser…

Mes collègues et les personnes que je suis amenée à fréquenter ont l’habitude que je ne me “défende” pas face aux agressions verbales.

Pourquoi ? 

Eh bien, tout simplement parce que j’ai peur de blesser l’autre plus qu’il ne m’a blessé.

Pourtant, la personne en face de moi n’a pas peur de me faire des réflexions désagréables sans se soucier de leur impact sur moi. 

Et en règle générale, elle s’en donne à coeur joie, puisque je ne réponds pas !

Au point que je pourrais finir par penser quelquefois que je suis un “punching ball” et que ça les amuse !

En amitié, il est assez facile de se débarrasser des personnes avec lesquelles on ne s’entend pas. Quoique, certains s’accrochent !

Mais au travail, c’est une autre paire de manches. Dans la vie de bureau, vous êtes assis à côté de quelqu’un dix heures par jour, cinq jours par semaine. Il faut supporter ses collègues !  À ce tarif là, nul doute qu’un hypersensible apprécie fortement les RTT et le télétravail !

Quelquefois, les fâcheux vous poursuivent jusque dans vos loisirs. Allais-je vraiment devoir renoncer au plaisir des échecs parce que tel autre membre du club m’ennuie ? Non, mais ça a fini par gâcher tout de même un peu le plaisir que je ressentais à fréquenter les réunions. On est d’accord: ce n’est pas très juste !

La conséquence de tout cela ? Des jours et des nuits de stress à l’idée d’une rencontre, d’un rendez-vous, d’une journée de plus en face de ma collègue…

La solution ? (car oui, il y en a une !). Si vous n’avez pas la chance d’avoir quelqu’un qui vous défend (parce que ça peut arriver)… il faut aller au-delà de ses propres peurs et répondre !

Un peu à la fois, le sens de la répartie se développe. Tant pis si on est maladroit… et les autres cessent de nous importuner, puisqu’on se défend !

Je ne savais pas dire “non”

Pour ce point précis, je parle au passé !

Depuis quelques années, avec l’aide d’un coach qui m’a fait faire des exercices en “réel”, j’ai appris le pouvoir magique de ce simple mot de trois lettres : NON.

Il évite bien des déconvenues, des situations gênantes et des désagréments.

Je pourrais vous raconter quantités d’anecdotes … pour certaines, avec le recul, j’aurais presque du mal à y croire moi-même, tellement on a “profité” de moi et de ma gentillesse (et surtout, de mon incapacité à refuser). 

Et par moments, il faut bien dire aussi que j’ai donné le bâton pour me faire battre. Vous êtes-vous déjà entendu prononcer une phrase du style “ne t’inquiète pas, je vais le faire”, alors même qu’on ne vous avait rien demandé ?

Avec cette désagréable impression, après coup, que ce n’est tout de même pas vous qui avez dit ça, ce n’est pas possible, qu’est ce qui vous a pris ?

Ça a tout de même été un long chemin pour arriver à maîtriser ce fameux “mot magique” (qui n’est pas pour tout le monde, comme on l’inculque aux enfants, “s’il vous plaît”).

J’ai encore du travail avant d’arriver à la plénitude totale, mais j’ai bien progressé.

Le “non” est pourtant très utile dans la vie privée et dans l’entreprise.

Essayez, finalement, vous verrez qu’on continue à vous aimer malgré ça (si, si…) et qu’il vous épargnera de faire des choses que vous ne voulez pas faire.

Bref, une lueur d’espoir existe ! 

Je reste persuadée qu’avec de l’aide, des bons conseils, de l’exercice et un petit peu de courage (quand même, il faut bien le dire, ce n’est pas évident de se forcer…), on peut y arriver !

Corinne

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