3 croyances qui sabotent la prise de parole

se préparer à la prise de parole en public

Faut-il préparer sa prise de parole ?

Quand je coache mes clients à la prise de parole en public, mon accompagnement fait partie de la préparation à leurs interventions orales. Aussi, il arrive souvent qu’il n’aient pas travaillé entre deux séances. Nous avons, en effet, tous des emplois du temps bien chargés et on peut peiner à trouver le temps de tout faire. Alors, dans le flot des choses à faire dans votre emploi du temps, faut-il renoncer à préparer ses prises de parole pour gagner du temps ?

Avant de vous répondre, il y a deux autres questions qui, je pense, bien qu’elles n’aient pas de lien direct, doivent être traitées ensemble.

En effet, lors de mes accompagnements à la prise de parole en public il m’arrive d’entendre des arguments étonnants. J’entends notamment : “si je me prépare je risque de stresser davantage si les choses ne se passent pas comme j’avais prévu… je ne me suis donc pas préparé”. J’ai aussi entendu “en me préparant je risque de perdre mon authenticité”.

Permettez-moi donc de répondre à ces deux premières questions d’abord. Nous pourrons ensuite arbitrer en faveur ou contre l’idée de prévoir un temps de préparation dans votre emploi du temps de ministre.

1ère croyance sur la préparation à la prise de parole

“Si je me prépare je risque de stresser davantage si les choses ne se passent pas comme j’avais prévu”

J’en conviens, cela peut être une croyance légitime. Mais soyons sérieux : n’avez-vous jamais préparé quoi que ce soit de peur de rater ? N’avez-vous jamais relu un cours d’histoire ou d’anglais de peur de ne pas y arriver ? A ce jour, vous avez ne serait-ce qu’appris à lire pour pouvoir arriver jusqu’à ce blog et pouvoir lire ces quelques lignes.

Oui, mais ce n’est pas pareil

En quoi serait-ce différent ? Nous parlons de préparation. Cette préparation elle a un premier but c’est maîtriser son sujet. J’entends déjà les excuses des acteurs, celles que moi-même je peux parfois utiliser pour me défendre quand je perds mon texte.

A la maison je l’avais…

Quand nous prenons la parole face à quelqu’un d’autre, nous sommes notre propre outil et, en effet, sur ce point, vous avez raison, il y a une différence.

Quand nous apprenions l’histoire, nous savions quand c’était acquis et quand ça ne l’était pas. Quand nous faisions des exercices de mathématiques, il suffisait d’enchaîner des exercices mais cela se passait sur un bout de papier.

Dans le cas de la prise de parole on peut se satisfaire du fait que nous sommes capables d’enchaîner une idée après l’autre. Est-ce suffisant ? On peut aussi, et c’est plus souvent le cas, se trouver débordé par tous les affaires à traiter sans vraiment s’en apercevoir. C’est vrai, il sont nombreux : décider du sujet, la façon de l’organiser, le dynamisme dans l’enchaînement des idées, l’élocution, la posture corporelle, l’aisance face à son auditoire, le public… En établissant votre liste de tâches, une vague question peut progressivement s’immiscer dans votre esprit : Suis-je à la hauteur ?

Cette question nous amène directement à un autre phénomène induit par le premier. Celui de l’anticipation exagérée qui nous fait perdre de vue l’instant présent.

Quand on a peur par anticipation, on a tendance a jouer le match avant l’heure. Cette peur est naturelle et prendre conscience de son existence et de sa nature permet de la désamorcer. Elle indique que nous sortons de notre zone de confort et que pour atteindre l’objectif souhaité, il va falloir sortir du mode automatique.

En effet, dès que nous ressentons de l’inconfort, nous avons pris l’habitude de nous mettre en mode protection de façon inconsciente afin de nous éviter la douleur. Cette peur est donc là pour nous protéger bien que le danger soit de faible intensité. Vous l’aurez compris, la réaction première à la peur est la fuite. Nous fuyons les expériences qui nous sont désagréables.

Apprendre un texte pour un comédien en herbe peut être désagréable. Se préparer à une prise de parole peut être également désagréable. Passer un premier entretien d’embauche peut également être déplaisant si cela nous fait sortir de notre zone de confort trop brusquement.

Mais se préparer à la prise de parole nous permet de minimiser l’écart entre ce que nous imaginons pouvoir faire, ce que nous pouvons faire réellement et ce qui est attendu par notre public. C’est alors que nous cessons de fuir et que nous allons pouvoir rencontrer notre public. C’est là que le plaisir peut nous attendre.

Un élément clé : Le stress est notre ami si nous l’acceptons comme naturel ou comme un mal nécessaire. Il est un indicateur de quelque chose qui ne va pas comme nous voudrions. Qu’allons-nous mettre en place pour apprivoiser ce stress ? Nous allons commencer par identifier ce qui nous stresse le plus pour se préparer à la prise de parole en public. Mais là, on déborde peut-être du sujet. Pour ceux et celles qui ont une envie ou besoin pressant d’apprendre à gérer son stress, je vous laisse suivre ce lien.

Que se passe-t-il, si en revanche, nous cherchons à le fuir ? Je ne pense pas vous apprendre grand chose, vous savez ce qu’il devient. Il devient notre pire ennemi et nous risquons de nous sentir traqué à cause de la charge mentale qui augmente parce que nous ne traitons pas nos “affaires courantes”. Ou alors, vous faites partie de ces heureux chanceux que rien n’atteint quoiqu’il arrive. Mais alors, seriez-vous en train de lire cet article ?

Si on ne fait pas partie des heureux chanceux, le fait de fuir nos obligations risque de nous pousser à la dévalorisation. Notre estime de soi en prend un coup et la confiance se met en berne. C’est comme si on avait raté une occasion pour améliorer la représentation qu’on a de soi-même dans une situation donnée.

Loin d’être fataliste, vous savez que l’échéance finira par passer, vous allez peut-être subir la douche froide et vous passerez à autre chose car votre enjeu est probablement ailleurs. Si c’est le cas, vous ne lirez probablement jamais ces lignes. Pardon ami lecteur, puisque nous sommes entre nous, revenons-en à nos moutons.

Faisons un petit bilan sur les causes. Plusieurs raisons peuvent être à l’origine de ce phénomène

  1. Il peut s’agir de ce qu’on appelle la peur développementale (c’est-à-dire que je prends la parole pour la première fois et je me trouve face à l’inconnu. Elle se manifeste quand je sors de ma zone de confort.
  2. Ce n’est pas la première fois que je prends la parole et j’ai un mauvais souvenir d’une expérience similaire : j’ai peur et je me protège en évitant la préparation en espérant probablement trouver un moyen pour éviter de prendre la parole.
  3. Il arrive que la personne se sente sûre d’elle et estime qu’elle n’a pas besoin de se préparer : centrée sur elle-même, elle minimise peut-être le besoin de son auditoire qui prend de son temps pour l’écouter.

Les avantages

Se préparer, c’est se projeter et donc anticiper la façon dont ça pourrait se passer. Se préparer, c’est répondre à un certain nombre de questions qui émergent et qui permettent de répondre à un certain nombre de questions préalables Qui, Quoi, Ou, Quand, Comment, Pourquoi, Combien et Pour Quoi (en deux mots)

Cette préparation nous permet de structurer et de délimiter notre sujet. Ce travail nous permet de vérifier ce que nous savons du sujet mais aussi d’identifier nos points forts et éventuellement creuser certains points moins maîtrisés.

Cette préparation n’est pas magique et souvent ne permet pas de réduire son stress. Ce stress est toutefois positif car il donne un coup de fouet et nous rend meilleurs grâce au travail en amont. Il nous permet d’identifier les axes de travail et donc les écueils possibles.

 2ème croyance sur la préparation à la prise de parole en public

Si je me prépare je suis moins authentique

En effet, cela peut arriver mais on se trompe souvent sur les causes. On peut, c’est vrai, paraître moins authentique lorsqu’on apprend son discours par cœur. Cela peut étonner mais certaines personnes ont besoin d’apprendre leur présentation mot à mot afin d’avoir un sentiment de contrôle. Ce n’est donc pas la préparation à proprement parler mais un certain type de préparation qui relève plutôt du travail de l’acteur qui bâclé est souvent contre-productif.

prise de parole peu authentiqueSi authentique veut dire sans consistance, sans structure on peut comprendre pourquoi il nous est arrivé de nous ennuyer en écoutant une conférence : le conférencier a voulu être authentique. Non, sans rire, ce n’est pas la présentation qui nous rend moins authentique. C’est plutôt l’effet que nous voudrions produire chez notre auditoire qui serait autre que celui de vouloir établir un lien d’égal à égal.

 

yyyPensez-vous vraiment que si vous vous préparez vous paraîtrez moins authentique ?

Se préparer à une prise de parole c’est se donner la chance encore une fois de vérifier ce que vous savez mais il permet aussi de faire des liens conscients entre ce que vous savez de votre sujet et votre compétence, c’est-à-dire ce que vous avez pratiqué en lien avec le sujet

Mais on peut aussi se poser la question de ce que veut dire authentique. Personnellement ça me fait penser à réel, sincère, indéniable. Donc oui, si je décide de me présenter la fleur au fusil pour parler d’un sujet de façon approximative, je vais paraître authentique mais je risque aussi de paraître à côté de mes pompes ou pire, je risque d’abuser du temps des personnes qui m’écoutent car elles pourraient alors se dire de façon légitime “j’ai mieux à faire ailleurs” ou “quelle perte de temps”…

Je crois donc que la question de l’authenticité est accessoire, la question à laquelle je dois plutôt répondre c’est plutôt, est-ce que je maîtrise suffisamment ce dont je parle pour apporter de la valeur, pour faire avancer, ne serait-ce que d’un pas mon auditoire ?

Répondre à cette question nécessite de se préparer ne serait-que pour s’assurer qu’on répond bien à ce qui est attendu de ma prise de parole.

Enfin se préparer, c’est l’opportunité d’évoluer et donc de changer à minima parce que nous allons mieux maîtriser notre sujet. Oui, se préparer c’est changer. Chacun de nos actes nous change et nous transforme. Nous ne pouvons donc pas ne pas être authentique à partir du moment ou nous restons honnêtes avec notre public. Dans le pire des cas, nous sommes authentiques malgré nous car vouloir cacher nos failles produit généralement l’effet inverse. En cachant nos failles, notamment en apprenant notre discours par cœur, nous les rendant visibles à moins d’un travail de titan ou d’un accompagnement professionnel.

En résumé, croire que la préparation peut nous faire perdre notre authenticité c’est nier le fait que chacun de nos actes nous modèle et nous fait évoluer. Nous ne pouvons paraître inauthentiques que dans la mesure où nous chercherions à tromper ou cacher qui nous sommes.

De deux arguments précédents pour ne pas se préparer, j’en déduit un troisième.

 3ème croyance :

Je n’ai pas le temps

pas le temps de préparer sa prise de paroleS’agit-il de procrastination, d’une stratégie d’évitement ou d’une excuse par manque d’engagement  ? Ou manque-t-on vraiment de temps pour se préparer ? Dans cette dernière hypothèse, peut-être que revoir ses priorités est nécessaire. Dans tous les cas, nous ne verrons pas cette possibilité maintenant.

Pour aborder cette raison de ne pas préparer sa prise de parole, je vous propose de changer de perspective. Quel est l’objectif de cette prise de parole ? Qu’est-ce qu’elle devrait permettre ? C’est donc la question des enjeux que je vous propose d’explorer.

Si on décide de ne pas prendre de temps pour préparer sa prestation et qu’on n’accorde pas d’importance à la qualité de notre prise de parole, c’est peut-être la question du pourquoi, je prends la parole. Pourquoi suis-je là ? Qu’est-ce que j’ai a gagner ou à perdre. Si l’enjeu n’est pas assez fort c’est que nous ne sommes probablement pas au bon endroit et nous ferions mieux d’être ailleurs. Si toutefois on y va pour une prestation médiocre, je crois qu’il est nécessaire de se poser une autre question : quelle valeur j’apporte à mon auditoire à travers mon intervention ? Est-ce que mon auditoire apprendra quelque chose de mon intervention ? En sortira-t-il grandi ?

Si ce n’est pas le cas, arbitrez et trouvez du temps pour vous préparer.

Certains pourraient avoir peur de prendre du temps pour rien. Ils considèrent que c’est perdu d’avance. Mais vous le savez, on n’a rien sans rien.

Ces différentes peurs peuvent aussi se mélanger, s’alimenter mutuellement en fonction du vécu de chacun. Se préparer c’est s’engager. Si le public ressent l’engagement, le public ressentira de l’empathie et sera prédisposé positivement quoiqu’il arrive. S’engager c’est déjà apporter de la valeur !

Si pendant la préparation vous êtes le protagoniste, pendant que vous prenez la parole, c’est votre auditoire qui devient la star du moment. Si vous apportez de la valeur à votre auditoire, il y a des chances pour que vous jouiez la vedette à nouveau à la fin de votre prestation.

Vous évoluez pendant votre préparation et votre public évolue à son tour pendant votre présentation. En tenant compte de ce processus donnant / donnant, vous établissez un lien de partenariat avec votre auditoire. Oubliez le clivage sachant / apprenti, le preneur de parole et son public avancent ensemble sur des aspects différents.

Un dernier point. On nous a appris à en faire des tonnes et nous avons tendance à trop vouloir en dire (il faut qu’il en aient pour leur argent, et si jamais j’épuise ce que j’ai à dire avant le temps imparti ? Si ce n’est pas long, ce n’est pas bon !…

Aujourd’hui on sait que nous saturons très vite : “less is more”, en dire moins permet de retenir plus. Nous pouvons ensuite interagir avec l’auditoire.

Nous nous faisons donc une montagne de la préparation en imaginant que cela va nous prendre un temps que nous n’avons pas alors que ce que nous devons avant tout travailler, quand nous savons de quoi nous parlons, c’est la structure.

En résumé, quand nous estimons ne pas avoir le temps, il arrive que nous n’ayons pas réellement estimé le temps nécessaire à la préparation ou que nous le sur-évaluions. Se donner un temps défini c’est se donner les chances d’arriver le jour J avec un plus à partager avec notre auditoire.

 

Se préparer à la prise de parole en public c’est :

  1. Gérer son stress en minimisant son impact sur la qualité de la prestation orale
  2. S’améliorer sur le sujet traité avant de prendre la parole
  3. Construire une relation gagnant / gagnant avec son auditoire

 

D’accord, pas d’accord, vous êtes libres de réagir dans les commentaires 😉

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2 Comments

  1. “je n’ai pas le temps” … il faut traduire par “je n’ai pas pris le temps” et c’est un début de prise de conscience.

    • Bonjour Bernie !
      Merci pour votre commentaire.
      Oui, en effet ! C’est déjà un excellent début, car c’est prendre ses responsabilités et donc devenir acteur.

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