Trop bon trop con, Trop gentil ? #1 - Comment y remédier

Trop bon, trop con, trop gentil…

Cessez d’être gentil en 4 questions

J’ai toujours eu du mal avec ce proverbe : « Trop bon trop con ». Ce n’est pas pour rien. J’ai longtemps associé la gentillesse à l’altruisme et l’empathie. Vous connaissez peut-être aussi l’expression : « À être trop gentil, on finit par être pris pour un ignare ». Est-ce que ça existe d’être « trop gentil » ?

Eh bien ça dépend d’à qui vous rendez service. Mais ça dépend aussi du pourquoi vous le faites. En quoi être « trop gentil » vous fait du tort ? Marre de vous faire avoir ?
Êtes-vous vraiment concerné par l’excès de gentillesse ?

Quoi qu’il en soit, vous n’arrivez pas à vous en dépêtrer et vous vous demandez s’il y a une solution. Attention, je vais peut-être vous bousculer : peut-être aussi qu’en croyant rendre service ou faire plaisir, vous faites plus de mal que de bien.

Je viens de jeter un pavé dans la marre. Désolé. Mais si ça peut vous rassurer, dans le cas où vous seriez concerné, vous n’êtes pas seul. Oui, moi aussi, je me suis pris les pieds dans le tapis.

Il fut un temps où l’on m’appelait le gentil. En effet, je péchais par excès de gentillesse. J’étais trop gentil. Difficile d’en prendre conscience à l’époque. Il a fallu me vexer pour m’en rendre compte. J’en veux pour preuve ce qui m’est arrivé un jour avec des collègues que je fréquentais toutes les semaines au théâtre.

J’étais entouré de gens qui me connaissaient relativement bien et voilà que je joue la colère. Une colère à peine visible de mon point de vue. Pourtant, j’ai vu l’attention se focaliser sur moi et j’ai entendu : « il s’est mis en colère ». C’est alors que j’ai associé le « trop gentil » avec le manque de personnalité. Personne n’avait prononcé ces mots, mais mon amour-propre venait d’en prendre un coup.

J’en suis ainsi venu à m’intéresser à cette question : « peut-on être trop gentil ? ». La réponse est sans appel : oui, c’est tout à fait possible, on peut être trop gentil.

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C’est quoi être trop gentil ?

Quand on dit de quelqu’un qu’il est trop gentil, on pense parfois aux quelques profiteurs qui tournent autour de ces bons samaritains. On peut avoir de la pitié pour ces derniers.
Pourtant, lorsqu’on est concerné directement par ce comportement excessif, qu’on se fait avoir et que la culpabilité nous ronge, on peut être tenté de s’adresser un : « Trop bon trop con, ça t’apprendra« . C’est comme si en se traitant de « trop con », on cherchait un moyen de ne plus jamais se retrouver dans une telle situation.

Cela peut paraître, encore une fois excessif, mais le proverbe « Trop bon trop con » souligne la responsabilité de celui qui rend service. Il n’est plus question donc des profiteurs qui rôdent et dont il faut se protéger. Il s’agit de comprendre pourquoi on est parfois, souvent ou toujours « trop gentil ».

C’est un trait de personnalité qui n’est pas si rare. Même s’il n’est pas toujours visible de prime abord, il est bien présent chez de nombreux professionnels de la relation d’aide, des personnels de santé entre autres. Quand il est présent au travail, il est rare que ce trait ne se manifeste pas dans le domaine privé (familial, amical).

On est trop gentil, trop bon trop com lorsque ce comportement, a priori louable, se retourne contre soi.

  1. Quelqu’un en profite au détriment du gentil.
  2. Le gentil a trop anticipé les besoins de quelqu’un et se fait rabrouer

Vous retrouvez-vous davantage dans l’un ou l’autre des profils ? Il se pourrait que vous vous soyez retrouvé dans les deux. Mais, ne vous inquiétez pas. On peut tous s’en sortir de celle-là.

trop bon trop quand

Pourquoi est-on trop gentil ?

On peut avoir différentes motivations pour mériter le sobriquet de « trop gentil ». À cet instant même, j’en compte trois :

  1. La peur de dire non
  2. La volonté de manipuler dans un but précis
  3. Le besoin de toujours faire plaisir (attendez-vous quelque chose en retour ?)

Parmi ces trois motivations, je distingue aussi des sous-variantes. En effet, l’envie excessive de faire plaisir peut être passagère. Dans ce cas, elle est liée à une transition de vie.
En revanche, si elle est ancrée dans votre comportement. Si vous ne vous souvenez pas avoir eu un autre comportement un jour, ce n’est pas la même histoire. Dans ce cas, vous devrez redoubler d’attention pour cesser d’être trop gentil.
Pour ce qui est de la peur de dire non, je retiens également ces deux variantes : la passagère et la constante.

On ne s’attardera pas sur la première motivation. Ceux qui sont concernés par celle-ci ne sont pas parmi mes lecteurs ou souffrent de tout autre chose.

Revenons donc à nos moutons.

Dans les quatre variantes restantes, il est possible de regrouper les raisons fondamentales et les circonstancielles.
Les deux peuvent se traiter en coaching, mais ne requièrent pas du même timing. Les causes fondamentales sont souvent plus longues à résoudre, car les « trop gentils » ont besoin de prendre conscience de leur mécanisme comportemental.

Mérite-t-on le trop bon trop con ?

Il s’agit d’une question qui ne a pas de sens pour tout le monde. En effet, inutile de vous attarder dessus si vous ne vous avez jamais prononcé ces mots en parlant de vous-même. En revanche, si vous avez senti ne serait-ce qu’une once d’inadéquation ou de culpabilité, continuez votre lecture

Vous vous êtes fait remettre à votre place récemment alors que vous croyiez bien faire ? C’est peut-être que quelqu’un a senti l’excès dans votre gentillesse.

Vous avez aussi pu ressentir de la colère parce que vous êtes fait réellement avoir. Quelqu’un, un patron, un subordonné ou un simple collègue vous a fait miroiter une contrepartie contre vos bons services et vous attendez toujours qu’il honore sa parole.

Le « trop bon trop con » est désagréable à entendre, mais parfois de bonne guerre. En effet, c’est le cas si vous attendez quelque chose en retour sans l’avoir explicité clairement. C’est également à juste titre, si vous avez du mal à dire non.

Dans les deux cas, « la vie » nous envoie une alerte qui nous signifie que notre action, bien que gentille, n’est pas juste.

trop bon trop con trop gentil

Comment faire pour cesser d’être trop gentil ?

Pour une fois, la réponse est relativement simple. Plus jamais on ne dira, ou vous ne direz de vous, trop bon trop con en appliquant ces quelques conseils.
Ne vous attendez pas à réussir du premier coup, mais si vous les appliquez, ils deviendront votre boussole dans les situations à risque.


Ces quelques clés vous permettront de détecter les tentations d’un excès de gentillesse de votre part. Si malgré tout vous décidez de céder, rappelez-vous d’une chose. Vous ne devez attendre aucune contrepartie en retour sauf en cas d’accord explicite mutuel.

  1. Ai-je été sollicité ?
  2. Ai-je les compétences pour répondre à cette sollicitation ?
  3. Ai-je les moyens matériels d’y répondre ?
  4. Ai-je le temps ?

Répondez toujours à ces quatre questions dans l’ordre proposé. Si vous répondez par la négative à l’une d’entre elles, renoncez à apporter de l’aide. Les risques que la situation se retourne contre vous sont importants.

Celui qui a peur de dire non, c’est qu’il a reçu une demande. Il ne doit pas pour autant minimiser les réponses aux trois autres questions.²
En effet, comment peut-on apporter une aide sérieuse sans les compétences nécessaires ? Comment aider sans moyens matériels (argent, outils…) requis pour le faire ? Enfin, comment ne pas subir un retour de bâton sans disposer du temps indispensable ? On ne peut pas déshabiller Paul pour habiller Jacques.

Les bénéfices à être moins gentil

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Contrairement à ce que vous pourriez vous attendre, vous ne serez pas moins apprécié de votre entourage. Au contraire, vous serez plus aimé en faisant preuve d’un certain respect de vous-même.

Mais les bénéfices ne sont pas seulement d’ordre relationnel. Ils sont aussi d’ordre existentiel. Vous serez davantage estimé pour ce que vous êtes et non pas uniquement pour ce que vous faites pour les autres.

Si à tout hasard, les résultats se faisaient attendre, c’est que vous avez probablement à répondre à une autre question : quel sens à ma vie si je ne peux plus apporter mon aide aux autres ?

Vous aurez, au moins, plus de temps pour vous, ce qui au début pourrait en angoisser certains. En effet, avoir du temps pour soi, met généralement face à ses responsabilités. À mesure qu’on prend de l’âge, on peut disposer plus du temps comme on le souhaite, quand on le décide.

J’ai ainsi vu un certain nombre de femmes et d’hommes retrouver goût à la vie : grâce à la décision de s’occuper de ce qui comptait vraiment pour elles, pour eux.

Plus tôt vous vous réserverez suffisamment de temps pour vous et plus vite, vous pourrez vérifier trois choses :

  1. Vous n’avez pas besoin de dire oui à tout pour rester en lien avec les autres.
  2. Vous n’avez pas besoin de chercher à faire plaisir pour être aimé. Si c’est le cas, c’est que vous êtes déjà avancé sur le chemin de l’assertivité. Dans ce cas, vous vivez vos relations aussi bien professionnelles que personnelles de façon détendue.
  3. La nature ayant horreur du vide, si vous vous réservez du temps suffisamment longtemps et de manière répétée, vous ferez vite preuve de créativité pour occuper votre temps en vous mettant au centre. Cela peut paraître égoïste, mais c’est avant tout salvateur.

Une fois, vous aurez dépassé votre éventuelle culpabilité, vous ne direz plus de vous trop bon trop con. Mais, les bénéfices ne s’arrêtent pas là. Quand on prend soin de soi, qu’on se fait du bien sans attendre que quelqu’un d’autre prenne en charge ses besoins en retour, il se peut qu’une « magie » s’opère. C’était donc si simple ?

Si à tout hasard, vous attendiez ne serait-ce qu’une once de retour en vous occupant des autres, ce sera la fin. C’est à cet instant qu’on comprend de l’intérieur ce que veut dire : « rendre service sans attendre de retour ». Le sourire que l’on sent se dessiner sur notre visage, ne sera plus jamais le même.

Un autre des bénéfices à s’occuper de soi d’abord est celui de se donner de l’importance : vous y avez droit. Vous n’êtes pas moins important que qui que ce soit autour de vous. Prendre du temps rien que pour soi c’est s’interroger sur ce qui compte vraiment pour soi et la réponse n’est jamais simple quand on a toujours donné la priorité à quelqu’un d’autre.
S’occuper avec des activités qui comptent vraiment pour soi, permet de développer l’estime de soi et à moyen terme, si l’on persiste et que l’on a quelques succès, la confiance en soi.

Arrêter d’être trop gentil, c’est un chemin de croissance personnelle qui oblige à se confronter à ses propres peurs et à sortir de sa zone de confort. Vouloir aller trop vite, c’est se tirer une balle dans le pied, car pour dépasser ces comportements, il vaut mieux être bien nourri de l’intérieur. En effet, se presser c’est le meilleur moyen de revenir à des comportements dont vous souhaitez sûrement vous défaire.

Pourquoi ?

À cause de vos habitudes ! En sortant de sentiers battus, vous risquez de mettre votre système en mode survie. Cela arrive à chaque fois qu’on remet en question une routine ou une habitude bien ancrée. Le « cerveau primitif » se demande ce qu’il se passe et tendra à vous ramener vers des comportements plus connus et donc rassurants.

De plus, changer ses habitudes force le système à consommer plus de ressources : vous devez vous adapter, guetter vos pulsions et vous faire violence pour vous retenir et ne pas faire ce qui probablement vous paraissait, jusqu’à il y a peu, naturel.

Vous l’aurez compris : la prise de conscience d’un mécanisme est un premier pas, mais ce n’est que le début d’un long chemin. Il faut encore comprendre le mécanisme que vous avez mis en place à une époque où il vous a été utile. Faire des sorties de votre zone de confort puis répéter suffisamment souvent pour en ressentir les bénéfices durablement.

Prenez votre temps et relisez cet article de temps en temps 🙂

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#tropbontropcon ? En écrivant cet article, j’ai découvert l’auteur de cette citation sur l’abus de gentillesse si connue :

Charité bien ordonnée commence par soi-même.

Alfred Capus


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