Qu'est-ce qu'est le pessimisme ? - àMoiLePublic !

Qu’est-ce qu’est le pessimisme ?

Le pessimisme, bien qu’on s’en défende, peut concerner tout le monde à des moments que l’on pourrait vivre comme peu glorieux. Pourtant, cet état peut cacher des trésors d’information sur nos croyances limitantes, sur la situation, sur soi et les autres. Il nous parle de notre disposition et possibilité d’agir. Mais commençons par le début. Qu’est-ce que le pessimisme ? Déf.

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Pessimisme, défintion

Selon le Robert, le pessimisme désigne une disposition d’esprit qui conduit à prendre les choses du « mauvais côté ». Quoiqu’il arrive, on est persuadé que les choses tourneront mal.

D’après le Larousse, il s’agit d’une doctrine soutenant au choix que tout est mal, ou que la somme des maux est supérieure à celle des « bénéfices » (biens dans le texte).

Sacré écart, n’est-ce pas ?

Le Robert fait plutôt allusion à une « disposition d’esprit » et plus concrètement à une croyance. Nous reviendrons sur cette notion de croyance un peu plus loin.

Le Larousse, en revanche, ne parle pas de la même chose. Elle parle de « doctrine« , à savoir de posture philosophique. On parle aussi de pessimisme « spéculatif ». Ce dernier est une conception métaphysique résolument négative du monde. Pour les pessimistes spéculatifs leur doctrine est d’ordre surnaturel.

Dans le premier cas, on dirait qu’il s’agit plutôt d’une limitation non voulue et dans le deuxième, d’un choix conscient, d’une décision raisonnée.

Origines philosophiques

On retrouve plusieurs traces des pessimistes dans l’histoire.

Dans le bouddhisme…

  1. L’existence est étroitement liée à la douleur
  2. Le désir est la principale cause de cette douleur
  3. Seuls la suppression du désir et le détachement de soi permettent de se libérer

De nombreux pessimistes ont laissé leur traces dans l’histoire. Suite aux bouddhistes, l’empire grec à connu ses figures pessimistes. Plus tard, au XVIIIᵉ siècle, les allemands (voir le pessimisme de schopenhauer) sont séduits par cette posture philosophique. Les français, bien qu’ils s’en protègent connaissent leurs représentants à travers Descartes et les Jansénistes.

Pessimisme déf : Dans le Robert

Le pessimiste dans la vie

Je ne sais pas vous, mais après toutes ces définitions, j’ai besoin de concret. C’est-à-dire de parler de ce qui nous fait du bien ou non dans la vie réelle.

Le pessimiste raisonné…

Le pessimisme raisonné concerne, bien évidemment, les philosophes. Ceux-là passent, à mon sens, une énergie importante pour modifier leurs perceptions. Ils cherchent à détruire en eux tout espoir naissant dans le but de se prémunir de la souffrance. Je ne vous surprendrai pas en vous disant qu’il n’y a pas que les philosophes qui font ça. C’est le discours de certains dans mon entourage. Pourtant, ils ne se veulent pas philosophes pour un sou.

On les entend dire des choses comme : « mes plus belles années sont derrière moi », « je sais que j’ai mangé mon pain blanc », « avant c’était mieux »… Je ne dis pas qu’ils aient toujours tort. Le problème est dans le côté systématique.

Cela ressemble davantage à un mécanisme de défense bien rodé comme celui que tout le monde peut développer suite à un fort traumatisme ou à des échecs répétés. Leur conception originelle de la vie a été profondément remise en question alors qu’ils la tenaient pour acquise.

Voyez-vous la contradiction ? En fait, leur environnement a changé, mais leur conception de la vie n’a pas intégré ce changement. Cette difficulté à s’adapter est en réalité le vrai problème. On peut parler alors de rigidité.

Prenons un exemple concret : un garçon seul qui a grandi entouré et choyé par des femmes jusqu’à l’âge adulte pourrait avoir quelques difficultés à ne pas retrouver cet environnement en dehors du giron familial.

Rares sont ceux qui ont envie de revoir ses critères à la baisse. On est pourtant parfois obligés de le faire ne serait-ce que temporairement. Le risque est de devenir aigri. Le pessimiste raisonné tente de s’en protéger.

Le pessimiste découragé

Prenons un autre exemple : Un homme de 49 ans retrouve du temps parce que ses enfants ont quitté définitivement la maison. Il décide de reprendre le sport qu’il avait abandonné à cause du travail et des contraintes familiales. Pendant des années, il a adoré se souvenir de ses belles performances au semi-marathon. Il chausse ses runnings pour aller courir et au bout de 3 km, il se sent essoufflé. Il décide alors de laisser tomber pour le ping pong mais là, il trouve que c’est trop intense comme activité. Eh oui, à l’époque, on ne parlait pas encore de tennis de table : la performance semble s’inviter de partout.

Il se dit, un peu vexé, qu’il va plutôt essayer le golf. Quand il se retrouve sur le practice, bien qu’il réussisse à taper la balle, il la perd vite de vue. Il se rend compte qu’il devrait peut-être se décider à aller voir un ophtalmo. Une fois rentré à la maison, il se convainc que ça ira… Il trouvera bien une activité adaptée.
Quelques semaines plus tard, quand sa femme lui demande où il en est avec le sport, il esquive le sujet.

Le pessimiste découragé, rencontre donc une difficulté un peu différente de celle du raisonné. En effet, le découragé, se retrouve confronté à la dure réalité du temps qui passe.

Le point commun des deux pessimistes

Ils peuvent être tous deux confrontés à un problème qui n’a rien à voir avec le temps, mais plutôt avec leurs habitudes et la façon dont ils gèrent leur zone de confort.

Mon point de vue sur les pessimistes et leur défaitisme

Je vous mentirai si je vous disais que je vois toujours la vie en rose. J’admets que parfois je me découvre un tantinet pessimiste. Cependant, céder au défaitisme ne me paraît pas sain d’un point de vue philosophique. D’un point de vue psychologique, je trouve qu’il s’agit également d’une approche délétère et contreproductive.
Vouloir tuer le désir en soi, c’est comme tuer une partie de soi. C’est nier par ailleurs au moins une partie de ses besoins.

Devenir pessimiste rationnel, c’est comme vouloir prendre un raccourci vers le bonheur et s’empêcher de vivre ce que nous avons à vivre.

On peut tous passer par des moments de découragement et c’est tout naturel. Nous pouvons en effet, rencontrer des limites. Ces dernières ne font que nous guider et nous renseigner sur le chemin à prendre ou sur le fait qu’on n’est pas tout puissants et que parfois, on a besoin de faire une pause, concentrer ou réorienter nos actions.

Comment se sortir du défaitisme qui dure ?

  1. Se mettre au vert et se reposer
  2. Se changer les idées
  3. Faire la liste de ses hobbies, passions et distractions
  4. Piocher dans cette dernière et changer aussi souvent que nécessaire jusqu’à trouver l’activité qui vous permet de débrancher et se ressourcer
  5. Se donner du temps pour retrouver de l’énergie
  6. Seulement et seulement si vous avez réussi à débrancher et à retrouver de l’énergie, faire le point sur votre situation et passez ensuite à l’action.
  7. Accepter l’échec comme faisant partie de l’équation

Vous savez maintenant comment aider une personne pessimiste, mais ce dernier point vous interpelle peut-être. Trouvez-vous que je commence à me contredire ? Ça se pourrait, mais pas vraiment, car il faut distinguer échec et échec…

La différence entre l’échec et l’échec…

J’arrête le suspens : il y a une différence entre échouer à une tâche, dans un objectif ou étape quelconque et pouvoir se définir ainsi : « je suis un raté ». En clair, les échecs ne vous définissent pas. Il faut généralement échouer un certain nombre de fois pour réussir dans quelque chose de concret, un objectif qui vous tient à cœur et auquel vous avez consacré des ressources (temps et argent). Le vrai « looser malgré lui » est plutôt rare.

Le problème est que souvent, on n’a pas la patience ou le courage d’échouer suffisamment longtemps pour pouvoir aboutir un projet ou aller au bout de ses rêves.

Tout cela me permet d’ajouter une troisième catégorie de pessimiste : il s’agit du « faux pessimiste » qui, de mon point de vue, défend plutôt un certain statut.

Le faux pessimiste

Souvent sceptique, parfois ironique et amer, voire nihiliste, le pessimiste « défensif » se fait souvent l’avocat du diable et pourrait être tenté de vous décourager dans vos projets.

« J’ai déjà mangé mon pain blanc… » Avez-vous déjà entendu cette expression ? C’est comme si pour celui qui la prononce, rien ne pouvait aller mieux. Le jeu est fait d’avance… Inutile de participer. Pour peu que vous partagiez avec lui vos espoirs ou projets, il pourrait vous laisser entendre que vous allez vous casser les dents. En gros, et pour enfoncer le clou, « c’est peine perdue ».

Ne l’écoutez pas.

En adoptant la stratégie du pessimisme défensif, le risque est de définir des objectifs top peu ambitieux qui vous feront atteindre des résultats que vous jugerez vous-même d’insatisfaisants. C’est ce qui arrive au « faux pessimiste ».

Il faut traiter ces personnes avec beaucoup de bienveillance, car elles se sont engluées dans leurs croyances limitantes, quelque part sur leur parcours. Oui, vous lisez bien dans leur parcours. Leur parcours n’est pas le vôtre !

Cette catégorie de pessimiste, dont n’importe qui pourrait faire partie à un moment de sa vie, défendent souvent l’idée selon laquelle il a tout essayé, mais n’est pas parvenu à ses fins. Sortir de sa zone de confort requiert une certaine énergie, de la méthode et de l’entêtement.

Les jeunes et les vieux qui nous dépassent, il ne faut pas les mépriser ou les jalouser, il faut s’en inspirer. Enfin, pour terminer, si vous êtes dans un moment de doute, je voudrais que vous gardiez une chose à l’esprit : si vous aviez été pessimiste à la naissance, vous n’auriez jamais appris à marcher.

Et vous, que pensez-vous du pessimiste ? En avez-vous une définition personnelle ?

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Pour aller plus loin : la posture des philosophes dans l’histoire sur Wikipédia.

2 réflexions au sujet de “Qu’est-ce qu’est le pessimisme ?”

    • Bonjour Alain,
      Merci à vous pour votre question.
      Difficile d’y répondre sans vous connaître et échanger avec vous.
      Cependant, je pourrais dire qu’il y a une cause probable à votre pessimisme.
      Puisque vous me posez la question, j’ai envie d’écarter l’option des pessimismes défensif et raisonné.
      Mon hypothèse est donc que vous passez peut-être par une mauvaise phase qui dure un peu trop longtemps.
      Si c’est le cas, il faut vous changer les idées, changer d’air, chercher à vous ressourcer.
      Dans certains cas, mettre un projet en pause, peut être bénéfique.
      Il y a des chances que vous fassiez partie des pessimistes découragés…

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