Assertivité et leadership, quel rapport ? C’est vrai quand on est chef, on donne des ordres et en bon « N-(quelque chose) » on obéit, non ?
En effet, c’est une façon assez commune de voir les choses, mais imaginez un instant :
Vous faites partie d’un service et y avez trouvé votre place. Vous partagez vos idées, travaillez en équipe et vous avez le goût de l’effort. Votre aisance relationnelle fait des jaloux, mais vous êtes apprécié de la majorité de vos collègues que vous appréciez également.
Vous vous retrouvez même régulièrement, hors cadre, pour partager un dîner ou de bonnes parties de rigolades, mais, un jour, une opportunité se présente.
Votre chef part et vous voilà propulsé à un poste de manager.
Vous devenez le chef de vos anciens collègues. Félicitations ! Vous avez envie de partager votre joie avec vos collègues et c’est à cet instant que vous réalisez vraiment ce qui va se passer : vos collègues deviennent vos subordonnés.
La direction vous demande de prendre le leadership et vous devez vous débrouiller avec… On vous donne vos premiers objectifs et c’est à vous maintenant de gérer votre équipe.
Emplois du temps, tâches, rôles et objectifs, c’est votre affaire et côté relationnel, on a bien vu que vous vous savez faire… Si vous n’êtes pas tout à fait à l’aise avec tout ça, la suite devrait vous intéresser.
Devenir le chef de ses propres collègues
Gérer les relations préexistantes
L’un des premiers défis que les nouveaux cadres doivent relever dès leur prise de poste est de savoir comment gérer les relations préexistantes. En effet, croire que les rapports ne changeront pas, c’est se voiler les yeux. Il est essentiel d’accepter que les dynamiques relationnelles vont changer, même si l’on ignore la nature de cette évolution.
Il est sain et utile de se demander, notamment, comment maintenir la camaraderie tout en établissant l’autorité nécessaire ?
En effet, plus que jamais, vous allez avoir besoin de cette camaraderie, car certains vont devoir avaler la pilule de vous voir évoluer à leur place.
Plus que jamais, vous allez devoir faire preuve de clarté et d’ouverture avec votre équipe. Restez accessible pour les discussions et les feedbacks. Vous aurez le choix d’adopter un certain type de leadership, selon votre nature et votre sensibilité.
Gardez à l’esprit que plus votre promotion ressemblera à une prise de pouvoir, plus vous rencontrerez des résistances et aurez des difficultés à manager vos anciens collègues.
Le bon sens, en revanche, devrait vous conduire vers l’adoption d’un leadership assertif.
Assumer les Nouvelles Responsabilités de Leadership
Certains managers, plutôt que de prendre la mesure de l’étendue de leurs responsabilités, tombent dans le piège inverse à la prise de pouvoir. Ils se spécialisent dans les tâches qui leur font plaisir et délèguent le reste.
Pourtant, en tant que nouveau leader, il leur incombe de comprendre et d’assumer les nouvelles responsabilités qui accompagnent leur nouveau rôle. Cela inclut l’analyse, la prise de décisions, la gestion des ressources, et surtout, le soutien et le développement de l’équipe.
Développer assertivité et leadership
L’assertivité est une compétence clé pour un leader.
Elle permet d’exprimer clairement ses pensées et ses attentes sans se montrer ni agressif ni passif.
Cela implique également de développer une écoute active et de respecter les opinions des autres. Parallèlement, une bonne compréhension du leadership implique de savoir comment motiver, inspirer et guider une équipe.
Cela nécessite de la flexibilité, de l’empathie et une capacité à résoudre les problèmes de manière créative.
Évitez de commettre ces erreurs
En tant que nouveau manager, il est tentant de faire preuve de volontarisme et de vouloir appliquer toutes les modifications que l’on aurait souhaité voir plus tôt. Cet empressement peut conduire à commettre des erreurs qui auraient été faciles à éviter avec un peu de recul.
En effet, même si le manager / reponsable doit rester un homme ou femme d’action, il doit intégrer une nouvelle compétence que l’on demande peu à un simple exécutant : se mettre en position méta.
Cette nouvelle posture consiste à faire des choix qui pourraient, en partie, se résumer à ajouter ou retirer. Ajouter demande généralement plus d’énergie alors que retirer permet de se concentrer sur l’essentiel. Mais cette position méta ne peut s’obtenir qu’en adoptant une posture d’observateur.
Parmi les erreurs les plus communément observées, l’on en distingue trois :
- Ne pas établir clairement les nouvelles attentes et les nouvelles dynamiques de la relation.
- Ne pas prendre le temps de développer de nouvelles compétences en leadership et management, en présumant que les compétences qui ont conduit à la promotion suffiront.
- Certains nouveaux leaders peuvent avoir des difficultés à déléguer, craignant que le travail ne soit pas fait correctement s’ils ne le font pas eux-mêmes. On peut aussi parfois observer le comportement contraire. Comme si la promotion n’était en réalité qu’une prise de privilèges.
Ne pas établir clairement les nouvelles attentes
Ne pas établir les nouvelles attentes explicitement peut créer de la confusion et de l’incertitude au sein de l’équipe. Éviter cet écueil n’est pourtant pas difficile en théorie : il s’agit de communiquer franchement ses attentes en termes d’objectifs, de performances, de responsabilités et de conduite à tenir. Cela permet de créer un environnement de travail structurant et de s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’onde.
Ne pas développer de nouvelles compétences en management et leadership
Les nouveaux managers obtiennent généralement leur promotion soit pour leur expertise, soit pour une bonne expérience métier associée à une excellente aisance relationnelle. Ce qui est un très bon début !
Le problème apparaît lorsqu’ils s’endorment sur leurs lauriers en supposant que les avantages qui leur ont permis d’obtenir une promotion suffiront pour accomplir leurs nouvelles missions. Mais, c’est ignorer la complexité de la nature humaine.
Un bon leader nécessite une palette de compétences plus étendue que de celui d’un employé individuel. Les compétences en management (résolution de conflits, motivation individuelle, motivation d’équipe), en communication, en prise de décision, en conduite de projets, notamment, sont cruciales pour un leader efficace.
Ne pas investir du temps et des ressources dans le développement de ces compétences peut entraver la capacité d’un leader à diriger efficacement.
Avoir du mal à déléguer
La délégation est une compétence essentielle pour tout leader. En effet, déléguer permet de développer le sentiment d’autonomie de ses collaborateurs. Il faut savoir que ce sentiment est fondamental pour la satisfaction à long terme.
Les nouveaux managers peuvent avoir un besoin de contrôle et ne sont prêts à déléguer qu’à leurs propres clones. Ce sont seulement ces derniers qui, dans leur esprit, ne seraient capables d’accomplir les tâches demandées, comme « il faut ».
Peut-on, cependant, leur reprocher de vouloir bien faire ?
L’expression de ce besoin de contrôle peut facilement être vécu comme une volonté de s’accaparer le pouvoir et peut inciter au désengagement de ses anciens collègues. Mais, ce n’est pas tout. Cela peut également conduire à un épuisement professionnel et à une gestion inefficace.
Apprendre à lâcher prise sur les détails est une clé. Penser objectifs globaux, faire confiance à son équipe sur leurs capacités et déléguer peut améliorer la productivité. Rapidement cette capacité à déléguer efficacement devrait permettre au nouveau leader de se concentrer sur des tâches plus stratégiques.
Reconnaître ces erreurs n’est pas forcément évident. Cela demande un minimum d’introspection et de travail sur soi. La bonne nouvelle, c’est que c’est à la portée de tous ceux qui sont prêts à se remettre en question pour évoluer.
Si vous êtes susceptible de devenir le chef de vos propres collègues, ne restez pas isolé. Demandez conseil à votre supérieur hiérarchique, formez-vous et si nécessaire, faite-vous accompagner par un coach professionnel en management qui vous permettra de prendre les bons raccourcis ou si vous avez le temps, formez-vous et bien sûr, pensez à demander du feedback à votre N+1 et à vos collaborateurs. Engagez-vous dans une communication ouverte avec votre équipe.
Si a tout hasard, vous avez détecté un collègue toxique, il faudra, bien évidemment, prendre vos précautions.
Où ces conseils en leadership peuvent vous mener ?
L’assertivité et le leadership sont deux compétences clés qui peuvent aider à naviguer dans cette transition. L’assertivité permet d’établir clairement les attentes et de communiquer efficacement, tandis que le leadership, à travers un management responsable, implique de guider et de soutenir les autres vers l’atteinte des objectifs.
En développant ces compétences, les nouveaux leaders peuvent non seulement éviter les erreurs courantes, mais aussi prospérer dans leur nouveau rôle de manager.
Devenir le chef de ses propres collègues est un défi qui peut être intimidant, mais avec de l’assertivité et du leadership, il peut être relevé avec succès.
Ne cherchez pas à faire plus, mais plutôt à faire mieux.
Avant de réinventer la roue, observez. Soyez une facilitatrice, un facilitateur. Vous aurez certainement à monter en compétences, cependant, si vous commencez par éviter les erreurs les plus courantes, vous pouvez, non seulement réussir dans votre nouveau rôle, mais aussi aider votre équipe à atteindre de nouveaux sommets.
N’oubliez pas, le défi de devenir le chef, la cheffe de vos propres collègues est un défi et non pas un cadeau, car ce chemin contient un certain nombre d’embûches. Votre attitude peut faire la différence : soyez un apprenant conscient et rappelez-vous que assertivité et leadership ne sont pas que des connaissances, ce sont des pratiques. Acceptez votre challenge avec humilité, restez ouvert et il y a de grandes chances pour que vos anciens collègues vous soutiennent et restent proches de vous.
Pas le temps de vous former à l’assertivité ? Voici un article qui vous permettra d’aller à l’essentiel : 24 heures chrono pour être assertif. Besoin de revisiter les fondamentaux ? Sentez-vous libre de consulter le guide :
Qu’est-ce que l’assertivité et le leadership ?
L’assertivité et le leadership sont deux compétences essentielles au travail. L’assertivité est l’aptitude à s’exprimer et défendre ses droits de manière respectueuse. Le leadership, quant à lui, est la capacité à guider et influencer ses interlocuteurs pour atteindre un objectif défini et connu de tous.
Pourquoi l’assertivité est-elle importante pour le leadership ?
L’assertivité est incontournable pour les leaders. Elle leur permet de communiquer clairement leurs attentes, et de faciliter une atmosphère de coopération motivante. Sans assertivité, un leader risque de perdre le contrôle de la situation à la moindre difficulté.
Comment développer assertivité et leadership ?
Assertivité et leadership vont souvent de pair et s’acquièrent à mesure que vous devenez conscient de la psychologie humaine. La première étape consiste à prendre conscience de votre propre fonctionnement (forces, faiblesses et schémas inconscients). Vous pouvez ensuite développer les compétences fondamentales comme l’écoute active et l’expression de vos besoins et limites. Exercez-vous avec ces dernières et développez les compétences complémentaires comme, notamment, la gestion des conflits et la négociation.
Quels sont les défis courants du leadership assertif ?
Les défis courants en assertivité et leadership comprennent la peur du conflit, le manque de confiance en soi, la difficulté à donner et à recevoir des critiques constructives et le sentiment d’être dépassé par ses responsabilités de leader. Ce site vous offre de nombreux conseils afin de relever ces défis.
Comment mesurer l’efficacité de mon assertivité et de mon leadership ?
Comme évoqué plus haut, demander du feedback est essentiel. Aussi, l’efficacité d’un leader qui se veut assertif, peut être mesurée grâce aux réactions et commentaires de votre entourage.
Par ailleurs, Si chaque membre sait ce qu’il doit faire, que les tâches déléguées sont réalisées pour servir les objectifs du groupe et qu’une atmosphère d’entraide et de confiance domine, c’est que vous avez atteint un bon niveau d’assertivité et de leadership.
Quels sont les avantages de l’assertivité et du leadership ?
Assertivité et leadership comportent de nombreux avantages, tant sur le plan personnel que professionnel.
Sur le plan de la qualité de vie au travail, ils améliorent la qualité de la communication, augmentent la confiance en soi, aident à résoudre les conflits et contribuent à une culture de travail positive.
Sur le plan d’une carrière, ils aident à l’atteinte des objectifs de carrière et à développer de solides relations professionnelles.
Sur le plan organisationnel, un leadership assertif contribue largement à l’amélioration des performances et à la pérennisation de l’activité, à travers une meilleure efficacité du système, mais également de la fidélisation de ses collaborateurs
Conseils pour passer à l’action
- Travaillez sur vous
- Soyez et montrez-vous accessible (gardez toujours votre porte ouverte)
- Encouragez l’équipe et ses membres à partager idées et préoccupations.
- Formez-vous et faites monter en compétence vos collaborateurs
- Faites-vous accompagner (rien ne vaut un regard extérieur compétent)
- Établissez des objectifs clairs, réalistes et mesurables pour l’équipe et ses membres
- Évaluez les performances de manière objective
- Reconnaissez et récompensez les efforts
- Exprimez vos pensées clairement et sans agressivité
- Écoutez activement et respectez les opinions de tous
Juste pour le plaisir, si vous êtes cinéphile : vous rappelez-vous de Spartacus ? À sa manière, il devint lui-même chef de ses propres collègues. Il fit preuve lui-même d’assertivité et leadership.
L'auteur : André Ortais Coach professionnel, spécialisée dans les relations de travail, j'accompagne les travailleurs du savoir pour vivre une carrière épanouie à la hauteur de vos talents.Assertivité